L'amorti du troisième coup
L'amorti du troisième coup (third shot drop) est d'abord une question de timing. Tout le reste — la face de raquette, le chemin de raquette, le poignet — est en aval du moment où se fait le contact.
Les trois moments pour frapper un troisième coup
Il existe trois moments de base pour frapper un troisième coup : à la sortie du rebond (voire à la demi-volée), au sommet, ou dans la redescente. Chacun a son moment. Pour l'amorti, un seul des trois vous donne la régularité.
Le moment optimal : la redescente
Le moment le plus facile et le plus opportun pour frapper un amorti de troisième coup très régulier, c'est quand la balle quitte son sommet et entame sa redescente.
Cela veut dire qu'il a fallu jouer des jambes pour vous replacer derrière cette balle — pour qu'elle ait le temps de culminer et d'amorcer sa descente, et que vous avanciez à sa rencontre. Placez-vous bien en arrière du rebond. Laissez à la balle le temps de redescendre du sommet. C'est là votre meilleure fenêtre pour un amorti reproductible.
Quand le temps manque : la demi-volée
Sur un drive très profond et appuyé, vous n'avez pas le temps de laisser la balle redescendre. Prenez-la à la demi-volée — et veillez à ce que le poids du corps traverse le coup, pas seulement le bras.
Quand c'est une balle cadeau : attaquez au sommet
Si c'est une balle cadeau, haute et courte, ce n'est plus un amorti. Avancez, placez-vous plus près derrière la balle pendant qu'elle monte à son sommet, et attaquez — une frappe de puissance qui transperce, ou un rouleau d'attaque lifté. Autre coup, autre intention.
La mécanique — depuis le sol
Ancrez la jambe du même côté derrière la trajectoire de la balle — pas à côté d'elle. C'est l'enroulement. Le principe organisateur du timing et de l'avancée du coup.
Transférez vers l'avant, sur la jambe opposée. Le poids du corps quitte la jambe d'ancrage, avance pour rencontrer la balle devant vous, et se transfère dans l'autre pied. Le bras se balance depuis l'épaule, en pendule — tête de raquette tombée, poignet légèrement ramené en arrière, en forme de L.
Le contact arrive tôt dans le transfert de poids — le poids arrive sur le pied opposé mais ne s'est pas encore tout à fait posé. C'est ce qui donne à l'amorti sa douceur. Le poids et la raquette rencontrent la balle ensemble, devant vous. Le pendule brosse le dos de la balle et l'envoie monter par-dessus le filet.
Le corps continue d'avancer — non parce que vous courez à travers le coup, mais parce que l'accompagnement vous emmène vers l'avant, en un seul mouvement fluide. On n'attend pas de voir si c'est réussi. À ce moment-là, il est déjà trop tard pour bouger, même si le coup est superbe.
La sensation est celle d'un lancer de pétanque. Arc souple, bras relâché, le poids du corps derrière. Pas un piqué. Pas un coup de fouet. Un lancer.
Pourquoi ça déraille
Quatre schémas reviennent le plus souvent :
La balle remonte haute et courte. Vous vous penchez en arrière, loin de la balle. Aucun transfert de poids vers l'avant.
La balle part trop longue. Vous l'avez prise à la demi-volée — trop tôt, la balle montait encore.
La balle finit au filet. Vous vous êtes redressé pendant le coup au lieu d'avancer à sa rencontre. Le poids est monté au lieu d'avancer.
La balle part n'importe où. Contact tardif. Le poignet improvise des corrections parce que le bras fait tout le travail.
Le raccourci du diagnostic : oubliez la raquette. Regardez les pieds et le poids. Étiez-vous derrière la balle ? Votre poids avançait-il ? La balle redescendait-elle de son sommet ?
Où mettre la balle
Votre cible, c'est l'adversaire, pas une zone. Imaginez un cerceau autour des pieds de chaque adversaire, plus l'espace entre ces deux cerceaux. Voilà la cible principale — là où 85 % de vos amortis devraient rebondir.
Visez le bord avant du cerceau, ou l'espace entre les deux. La balle doit culminer tôt et retomber dans cet espace.
Ne regardez pas — montez avec la balle
Ne restez pas planté à admirer votre bel amorti. Si vous le faites, il ne sera pas si bon que ça. Ce qui rend un amorti de troisième coup vraiment grand, c'est que les joueurs de cette équipe sont montés avec lui au lieu de le regarder.
Comment savoir quand monter ? De deux façons. Vous apprenez à reconnaître la sensation de la balle qui quitte la raquette, et vous savez. Et puis, en suivant votre coup vers l'avant, vous évaluez sa qualité pendant que vous bougez — pas avant de bouger, parce qu'alors il sera trop tard.
Frapper / Avancer / Split
Sur chaque coup — mais particulièrement sur l'amorti du troisième coup — vous prenez le contact et vous accompagnez. Pendant l'accompagnement, vous vous déplacez dans la même direction que la balle que vous venez de frapper. Vous la suivez dès que la raquette a fini son contact avec la balle.
Vous devez toujours faire votre split step juste avant que l'adversaire ne frappe votre balle. Donc quand vous frappez, par défaut, vous avancez derrière votre coup, sur la même trajectoire, jusqu'à l'instant qui précède le contact adverse. Puis split step.
Et si c'est une chandelle ?
Parfois vous ratez complètement votre coup et c'est une chandelle. En général, on sent ces coups-là : on les reconnaît à la seconde où ils quittent la raquette. Vous serez déjà deux pas en avant — tant mieux. Faites simplement votre split step plus tôt et tenez votre position.
À l'instant où vous comprenez que vos adversaires vont frapper vers le bas, sur vous — attaquer —, faites votre split step et soyez prêt à défendre.
La sensation quand c'est juste
Fluide, pas saccadé. Épaules relâchées. Le timing semble moins pressé. Quand la préparation est juste, le coup se fait presque tout seul. Le bras se balance depuis l'épaule. Le poignet n'a rien d'ingénieux à faire. La balle décrit son arc au-dessus du filet et retombe sur le bord avant de leur espace.
Vous le saurez parce que l'urgence disparaît. Le coup a du temps en lui.